Et si nous offrions nos fleurs avant les funérailles ?

Il arrive qu’une famille parvienne à réunir en quelques heures une somme importante pour organiser des funérailles, acheter des fleurs, recevoir les invités et rendre un dernier hommage digne. Pourtant, quelques semaines auparavant, la personne disparue avait peut-être besoin de médicaments, d’une visite, d’un repas, d’une écoute ou simplement d’une présence.

Cette contradiction, douloureuse mais fréquente, nous oblige à nous poser une question essentielle : pourquoi attendons-nous parfois la disparition d’un proche pour lui témoigner toute l’importance qu’il avait dans notre vie ?

Notre solidarité arrive souvent trop tard

Honorer nos morts fait profondément partie de nos traditions. Les funérailles rassemblent les familles, rapprochent les communautés et permettent de témoigner du respect à ceux qui nous ont quittés. Il ne s’agit donc pas d’abandonner ces pratiques ni de minimiser leur valeur.

Mais rendre hommage aux morts ne devrait jamais nous empêcher de prendre soin des vivants.

Une personne malade n’a pas seulement besoin de messages de compassion. Elle peut avoir besoin d’une contribution pour ses soins. Une personne âgée isolée attend parfois davantage une visite qu’un cadeau. Un jeune en difficulté peut être sauvé par une écoute attentive, une orientation ou une petite aide reçue au bon moment.

La solidarité devient réellement puissante lorsqu’elle intervient avant qu’il ne soit trop tard.

Aimer doit aussi devenir une action

Nous associons souvent l’amour aux sentiments, aux paroles et aux intentions. Pourtant, aimer quelqu’un, c’est aussi remarquer ses difficultés et agir selon nos possibilités.

Il n’est pas nécessaire d’être riche pour soutenir une personne. Un appel, une visite, un repas partagé, une information utile, un accompagnement médical ou une petite contribution peuvent profondément changer une situation.

Chaque geste compte lorsqu’il répond à un besoin réel.

Aimons-nous Vivants nous invite ainsi à transformer l’affection en action. Dire « je suis là » doit parfois être accompagné d’un geste qui protège, soigne, rassure ou redonne de l’espoir.

Une nouvelle culture de la solidarité

Nos sociétés africaines possèdent déjà de puissantes valeurs d’entraide, de fraternité et de responsabilité collective. Dans de nombreuses communautés, personne ne devrait affronter seul la maladie, le deuil ou une grande difficulté.

Le véritable défi consiste à mobiliser cette force communautaire plus tôt.

Et si les groupes familiaux utilisés pour organiser les funérailles servaient également à soutenir les soins médicaux ? Et si nous rendions visite à nos proches avant leur hospitalisation ? Et si nous célébrions publiquement les personnes qui nous inspirent pendant qu’elles peuvent encore recevoir nos paroles ?

Cette évolution ne demande pas de renoncer à nos traditions. Elle nous appelle plutôt à les enrichir en donnant davantage de place à la prévention, à la présence et au soutien des vivants.

Aujourd’hui est le bon moment

Nous pensons souvent que nous aurons encore le temps d’appeler, de visiter, de remercier ou de demander pardon. Pourtant, demain n’est promis à personne.

La plus belle reconnaissance est celle qu’une personne peut voir, entendre et ressentir. Les plus belles fleurs sont celles qu’elle peut recevoir de ses propres mains.

N’attendons pas une urgence pour demander à un proche comment il va réellement. N’attendons pas la maladie pour renouer les liens. N’attendons pas les funérailles pour dire tout le bien que nous pensions d’une personne.

Aujourd’hui, choisissons quelqu’un autour de nous. Prenons de ses nouvelles. Écoutons-le sincèrement. Posons un geste concret selon nos moyens.

Aimons pendant que la vie est là.

#AimonsNousVivants

Auteur
ONG Péhé
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